Le 05 mars
→ Veynes
· Cinéma Les Variétés - Quai des Arts - 2 Avenue des Martyrs
Diego Céspedes était en 2025 à Cannes dans sa trentième année et recevait déjà – le talent n'attend pas le nombre des années, disait-on autrefois – le Grand Prix Un certain regard pour son premier long-métrage " La misteriosa mirada del flamenco ! "
Bonjour à vous, spectateurs de Ciné mon Mardi, fidèles ou occasionnels, cinéphiles chevronnés ou amateurs avertis d'un cinéma de qualité,
Diego Céspedes était en 2025 à Cannes dans sa trentième année et recevait déjà – le talent n'attend pas le nombre des années, disait-on autrefois – le Grand Prix Un certain regard pour son premier long-métrage La misteriosa mirada del flamenco !
Le jeune Chilien avait déjà écrit et réalisé en 2018 un premier court métrage, The Summer Of The Electric Lion, récompensé – pour un coup d'essai, disait-on aussi, c'était un coup de maître – par le Premier Prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes.
Que penser ? En tous cas, permettre à Diego de considérer ce succès avec autant de majesté que son flamingo. Avec autant de légèreté que ne pèse son échassier. Mais surtout, lui souhaiter de garder la capacité à naviguer entre les émotions et la raison, cet équilibre dont est doté le volatile à se tenir sur une patte
Pour l'heure, partons dans le désert d'Atacama pour un mélodrame queer, aux accents de western, sur trame de récit d'apprentissage...
Paul-Serge Miara
Pour commencer
Chili, sous la dictature des années 80, à l'écart d'un village de mineurs de cuivre. Lidia, 12 ans, grandit au sein d'une famille flamboyante composée de personnes trans, travestis, un petit monde joyeux malgré la discrimination et le rejet ambiants, qui ont fait de leur cantina un cabaret queer dont elles vivent.
Quand une mystérieuse peste mortelle commence à se propager, la rumeur affirme qu'elle se transmet par un simple regard lorsqu'un homme tombe amoureux d'un autre. La communauté devient rapidement la cible des peurs et fantasmes collectifs, ce qui n'empêche pas la fillette de courir à l'aventure et de vivre sa vie de pré-adolescente.
Allons plus loin
Au cabaret La cantina, la vieille Mamá Boa règne sur une faune bigarrée d'extraordinaires personnages, beaux et troublants le jour, encore plus belles et pailletées la nuit, qui chantent, dansent et répondent occasionnellement de leur mieux aux rêves d'amour des mâles esseulés des alentours.
Au milieu de ce beau monde attendri, du haut de ses douze ans, Lidia promène son regard de petite fille, curieux, bienveillant, encore teinté d'innocence, sur cette fratrie de travestis qui portent toutes des noms d'animaux, tel Flaminco (Flamant rose), la plus belle de toutes, « sa mère » qui la préserve des dangers et de la méchanceté du monde extérieur.
Encore bien mystérieuse, la terrible peste des années 1980, non encore nommée SIDA, se propage jusque dans leur communauté. La rumeur prétend qu'elle se transmet par un simple regard lorsqu'un homme tombe amoureux d'un autre et ce petit îlot humain au milieu d'un espace aride devient une cible désignée, mais aussi le bastion d'une résistance et de l'affirmation de la différence de nos protégées. Le récit ménage alors un retournement de situation en leur faveur, en l'absence de toute violence, un vrai miracle digne d'un réalisme magique très latino-américain.
Avec des ambiances du milieu de nulle part, de portes rouillées grinçant dans le vent du désert, le film se déploie, tout de même, dans un western, moderne, et Lidia se lance dans une quête de vengeance avec péripéties et mélodrames.
Le Mystérieux Regard du flamant rose ne vise plus dès lors qu'une histoire d'amour aussi tendre qu'improbable qui affirme paradoxalement, face à la mort, la possibilité d'une dernière chance. C'est le premier long-métrage de Diego Céspedes, un film ébouriffant qui navigue habilement entre les écueils de l'exubérance et de la sinistrose, sans échouage, un film prêt à défendre ses personnages, héroïques de leur différence.
Les mots du réalisateur
Quelle est aujourd'hui l'avancée des droits LGBTI+ au Chili ?
Diego Céspedes : « Il reste beaucoup à faire, surtout dans certaines communautés, comme celles des trans, des travestis et tous celles et ceux exclus du cadre binaire. Ce sont eux qui subissent les attaques les plus féroces, cause directe de la montée du fascisme dans le monde. Les hommes gays ont obtenu des droits, presque autant que les hétérosexuels, mais la lutte ne fait que commencer pour l'ensemble du collectif LGBTI+. Et dans certaines zones rurales, l'homophobie et la transphobie sont encore très présentes, comme en Espagne d'ailleurs. La lutte doit être menée de manière transversale, car classe sociale et pauvreté ont une grande influence, et ce satané fascisme rôde, aussi bien en Amérique qu'en Europe. »
PSM
D'après Libération, Critikat, Cinémas Utopia et Cineuropa.
Association Ciné mon Mardi
Récemment constituée, l'association Ciné mon Mardi vous propose toujours des films d'auteurs, fictions et documentaires, choisis dans le patrimoine ou l'actualité du Septième Art, des ciné-débats et autres occasions de cinéphilie.
Nous tiendrons notre première assemblée générale courant 2026 et ce sera une occasion de mieux nous rencontrer. D'ici là, nous privilégions l'objectif, avec votre aide, d'inviter plus fréquemment des professionnels, critiques ou théoriciens du cinéma, aussi bien que des experts d'une thématique liée à un film. À cette fin, nous vous invitons à apporter votre soutien en devenant membres de Ciné mon Mardi. La cotisation pour l'année 2026 est à montant lbre à partir de 10€. L'adhésion pourra se faire bientôt en ligne mais vous pouvez d'ores et déjà adhérer en prenant contact lors des projections ou en écrivant à cinemonmardi@gmail.com.
Par ailleurs, les actions de Ciné mon Mardi devenant avec la gestion associative encore plus chronophages, l'équipe souhaite toujours, et d'autant plus, se renforcer. Si vous aimez le cinéma, si vous avez du temps à y consacrer, si vous avez envie de nous rejoindre, prenez contact.
Diego Céspedes était en 2025 à Cannes dans sa trentième année et recevait déjà – le talent n'attend pas le nombre des années, disait-on autrefois – le Grand Prix Un certain regard pour son premier long-métrage La misteriosa mirada del flamenco !
Le jeune Chilien avait déjà écrit et réalisé en 2018 un premier court métrage, The Summer Of The Electric Lion, récompensé – pour un coup d'essai, disait-on aussi, c'était un coup de maître – par le Premier Prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes.
Que penser ? En tous cas, permettre à Diego de considérer ce succès avec autant de majesté que son flamingo. Avec autant de légèreté que ne pèse son échassier. Mais surtout, lui souhaiter de garder la capacité à naviguer entre les émotions et la raison, cet équilibre dont est doté le volatile à se tenir sur une patte
Pour l'heure, partons dans le désert d'Atacama pour un mélodrame queer, aux accents de western, sur trame de récit d'apprentissage...
Paul-Serge Miara
Pour commencer
Chili, sous la dictature des années 80, à l'écart d'un village de mineurs de cuivre. Lidia, 12 ans, grandit au sein d'une famille flamboyante composée de personnes trans, travestis, un petit monde joyeux malgré la discrimination et le rejet ambiants, qui ont fait de leur cantina un cabaret queer dont elles vivent.
Quand une mystérieuse peste mortelle commence à se propager, la rumeur affirme qu'elle se transmet par un simple regard lorsqu'un homme tombe amoureux d'un autre. La communauté devient rapidement la cible des peurs et fantasmes collectifs, ce qui n'empêche pas la fillette de courir à l'aventure et de vivre sa vie de pré-adolescente.
Allons plus loin
Au cabaret La cantina, la vieille Mamá Boa règne sur une faune bigarrée d'extraordinaires personnages, beaux et troublants le jour, encore plus belles et pailletées la nuit, qui chantent, dansent et répondent occasionnellement de leur mieux aux rêves d'amour des mâles esseulés des alentours.
Au milieu de ce beau monde attendri, du haut de ses douze ans, Lidia promène son regard de petite fille, curieux, bienveillant, encore teinté d'innocence, sur cette fratrie de travestis qui portent toutes des noms d'animaux, tel Flaminco (Flamant rose), la plus belle de toutes, « sa mère » qui la préserve des dangers et de la méchanceté du monde extérieur.
Encore bien mystérieuse, la terrible peste des années 1980, non encore nommée SIDA, se propage jusque dans leur communauté. La rumeur prétend qu'elle se transmet par un simple regard lorsqu'un homme tombe amoureux d'un autre et ce petit îlot humain au milieu d'un espace aride devient une cible désignée, mais aussi le bastion d'une résistance et de l'affirmation de la différence de nos protégées. Le récit ménage alors un retournement de situation en leur faveur, en l'absence de toute violence, un vrai miracle digne d'un réalisme magique très latino-américain.
Avec des ambiances du milieu de nulle part, de portes rouillées grinçant dans le vent du désert, le film se déploie, tout de même, dans un western, moderne, et Lidia se lance dans une quête de vengeance avec péripéties et mélodrames.
Le Mystérieux Regard du flamant rose ne vise plus dès lors qu'une histoire d'amour aussi tendre qu'improbable qui affirme paradoxalement, face à la mort, la possibilité d'une dernière chance. C'est le premier long-métrage de Diego Céspedes, un film ébouriffant qui navigue habilement entre les écueils de l'exubérance et de la sinistrose, sans échouage, un film prêt à défendre ses personnages, héroïques de leur différence.
Les mots du réalisateur
Quelle est aujourd'hui l'avancée des droits LGBTI+ au Chili ?
Diego Céspedes : « Il reste beaucoup à faire, surtout dans certaines communautés, comme celles des trans, des travestis et tous celles et ceux exclus du cadre binaire. Ce sont eux qui subissent les attaques les plus féroces, cause directe de la montée du fascisme dans le monde. Les hommes gays ont obtenu des droits, presque autant que les hétérosexuels, mais la lutte ne fait que commencer pour l'ensemble du collectif LGBTI+. Et dans certaines zones rurales, l'homophobie et la transphobie sont encore très présentes, comme en Espagne d'ailleurs. La lutte doit être menée de manière transversale, car classe sociale et pauvreté ont une grande influence, et ce satané fascisme rôde, aussi bien en Amérique qu'en Europe. »
PSM
D'après Libération, Critikat, Cinémas Utopia et Cineuropa.
Association Ciné mon Mardi
Récemment constituée, l'association Ciné mon Mardi vous propose toujours des films d'auteurs, fictions et documentaires, choisis dans le patrimoine ou l'actualité du Septième Art, des ciné-débats et autres occasions de cinéphilie.
Nous tiendrons notre première assemblée générale courant 2026 et ce sera une occasion de mieux nous rencontrer. D'ici là, nous privilégions l'objectif, avec votre aide, d'inviter plus fréquemment des professionnels, critiques ou théoriciens du cinéma, aussi bien que des experts d'une thématique liée à un film. À cette fin, nous vous invitons à apporter votre soutien en devenant membres de Ciné mon Mardi. La cotisation pour l'année 2026 est à montant lbre à partir de 10€. L'adhésion pourra se faire bientôt en ligne mais vous pouvez d'ores et déjà adhérer en prenant contact lors des projections ou en écrivant à cinemonmardi@gmail.com.
Par ailleurs, les actions de Ciné mon Mardi devenant avec la gestion associative encore plus chronophages, l'équipe souhaite toujours, et d'autant plus, se renforcer. Si vous aimez le cinéma, si vous avez du temps à y consacrer, si vous avez envie de nous rejoindre, prenez contact.
Plein tarif : 5,50€
Tarif réduit : 3,50 € (Étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Carte abonnement 10 places: 50 €.
Tarif réduit : 3,50 € (Étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Carte abonnement 10 places: 50 €.
Modes Paiement
Chèque, EspècesGratuit
NonComplement
Plein tarif : 5,50€Tarif réduit : 3,50 € (Étudiants, chômeurs, moins de 16 ans)
Carte abonnement 10 places: 50 €
Jeudi 5 mars 2026 à partir de 20h30.









